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Live report photos / vidéo : Other Lives @Village Underground, Londres

Le Village Underground fait partie de ces lieux qui ne laissent pas indifférents. Le décor donne envie, une usine reconvertie, plantée entre les gratte-ciels de la City et l’East End londonien, en plein milieu de Shoreditch, mélange hétéroclite de bars branchés et d’entrepôts reconvertis en galeries d’art. C’est un mercredi, dans la fraicheur du soir qui s’installe, que nous longeons les fresques urbaines recouvrant la salle, jetant un œil aux rames d’un Tube, qui ornent le toit, telles des sculptures un peu démesurées. En entrant, une foule encore dispersée se presse face à la scène posée au fond de ce hall de briques brutes. On se demande encore ce qui sortira du mélange entre ce décor post-industriel et le folk des américains d’Other Lives.

Premiers sur scène, les anglais de The Magnetic North ont de l’allure. On remarque immédiatement l’opposition entre l’allure dandy d’Erland Cooper, à la basse, et celle d’Hannah Peel, en robe de dentelle face à ses claviers, son violon et beaucoup d’autres petits instruments étranges. Le concert commence sur une étrange reprise du Hi Life de Syd Matters, qu’on peine à reconnaître tant la légèreté presque aérienne de l’originale se perd dans un mélange lourd de basse et de guitare. Passé cela, on ne peut s’empêcher de penser que ca sonne bien. Les voix d’Hannah Peel et d’Erland Cooper se marient à merveille, associées à un ensemble oscillant entre un folk travaillé et un post-rock plutôt léger. Le guitariste Simon Tong soutient, quant à lui, discrètement l’ensemble, avec une aisance et une élégance remarquable. On n’est qu’à moitié surpris d’apprendre le passé du bonhomme chez The Verve ou The Good, The Bad and the Queen. Alors qu’ils quittent la scène, on se dit que The Magnetic North a fait impression, et malgré quelques faiblesses, parfois, dans la composition, on en redemande.

Il est déjà près de 21h30, et Other Lives arrive sur scène. Ils viennent de Still Water, Oklahoma, et ils veulent que ça se sache. Cela fait déjà cinq minutes qu’une étendue d’herbe est projetée sur le mur de brique du Village Underground. Alors qu’on commençait à s’impatienter, As I Lay My Head Down accompagne l’entrée des cinq musiciens. Le son est grandiose, et les lumières, à la peine pour The Magnetic North, sont enfin au rendez-vous. Ce qui frappe en premier c’est cette puissance. Là où l’album se joue en douceur, parfois mélancolique, les musiciens, et particulièrement Jesse Tabish, jouent avec une conviction qui fait plaisir à voir. Les morceaux débordent d’une énergie qui s’accorde particulièrement bien avec leur composition, maitrisée à l’extrême. Un morceau comme Old Statue en ressort magnifié, chacun des détails déjà présent dans l’album exacerbé. Sur un fond projeté de conquête de l’ouest, on déguste la richesse mélodique de l’ensemble, ou les violons, violoncelle, claviers, percussions et guitares se mêlent dans un folk instrumental que l’on savait déjà remarquable. Alors que l’album avait été joué accompagné d’un nouveau morceau et qu’Other Lives sort de scène, Jesse Tabish revient presque immédiatement face a la clameur d’une salle déjà comblée. Il entame alors une chanson, seul, face à son piano, qui révèle une fois de plus que cet homme sait composer. S’en suivent deux autres morceaux aux tendances plus country, montrant par la même occasion, que derrière Tamer Animals se cache avant tout un goût prononcé pour la musique de cette Amérique dont ils sont clairement les ambassadeurs ce mercredi.

Nous sortons dans le froid de la nuit londonienne, encore un peu sonné par un concert comme on en voit peu. On se dit que ces américains nous ont donné ce qu’on attendait, et surtout plus encore. Et quand on y pense, c’est ce qui fait un grand concert.

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