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LFSM / Interview : Still Corners

Pas besoin d’être debout  pour ressentir toute l’intensité musicale et émotionnelle des délicats Still Corners.  Ce jeudi à l’Epicerie Moderne dans le cadre du festival Les Femmes S’en Mêlent, la dream pop éthérée et vaporeuse de Tessa (voix), Greg (producteur/ multi instruments), Leon (guitare) et Luke (basse) s’écoute avant toute chose, assis, dans l’intimité d’une configuration scénique particulière. Pas de distraction qui pourraient nous détourner des yeux de la jolie Tessa, donc, ni de sa voix, puissante et délicate. Nos oreilles vibrent et nos yeux de chats ébahis sont entrainés dans le tourbillon du rétroprojecteur installé sur scène, qui accompagne les musiciens à coup de projections psychédéliques, extraits de films, douceurs visuelles, cercles colorés et engloutissants.

FYD a rencontré Tessa et Greg juste avant le live, ces londoniens qui aiment les choses simples, le soleil, David Lynch et Alice au Pays des Merveilles. 

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D’où venez vous et comment le groupe s’est il formé ?

Greg : Je viens des Etats Unis et j’ai déménagé à Londres il y a aujourd’hui 10 ans. J’ai simplement commencé à écrire des chansons, et au fur et à mesure de mes compositions je me suis dit que ca serait cool de créer un groupe, j’avais le nom « Still Corners » en tête. J’en ai donc parlé à Luke et Leon qui étaient d’accord.  J’ai rencontré Tessa de façon totalement imprévue, dans un train à Londres. Nous prenions le même train et il faisait nuit, c’était l’hiver et il faisait froid, à un moment donné le train s’est arrêté pendant au moins 20 bonnes minutes dans une station étrange, en dehors de la ville, complètement perdue. Ca fait un peu rencontre de cinéma, mais c’est vrai, nous étions dans le même compartiment et nous avons commencé à discuter, elle m’a dit qu’elle chantait, je lui ai donc proposé de former ce groupe avec moi. On a travaillé sur des démos pendant un an ensemble, et c’est comme ca que les projets concret, notre EP et le premier album sont arrivés.

Votre monde musical est une sorte de sphère onirique, subjective, lumineuse. Avez vous des influences concrètes qui ont participé à la construction de cette atmosphère, cette ambiance spécifique que l’on ressent à l’écoute de vos chansons ?

Greg: Musicalement, on a pas mal d’influences différentes qui vont d’ Ennio Morricone en passant par les Beach Boys, ou Nancy Sinatra. En fait on a grandi sur ces trucs là et c’est donc ce genre de musique qui nous a permis de créer notre propre monde musical. Tessa et moi on aime aussi beaucoup Nick Drake, c’est lui qui nous a le plus entrainé dans cette ambiance assez calme, onirique qui se retrouve dans notre musique.

Vos vidéos sont aussi très spécifiques et semblent se rapprocher de votre musique : elles sont très colorées, lumineuses. J’ai lu que vous étiez très influencé par l’image cinématographique. Pouvez vous nous en dire plus ?

Greg: Nous essayons en fait, dans nos clips et avec nos projections visuelles en live, de créer une sorte d’analogie entre le son et l’image, des atmosphères spécifiques que l’on tire des grands noms du cinéma tels que David Lynch ou Alfred Hitchcock qui nous ont beaucoup inspiré. Le clip de Cuckoo peut surement à ce titre rappeler le film Susperia de Dario Argento, dans l’utilisation qu’il fait des couleurs et des luminosités, qui tirent sur le rouge et le violet. Je pense que oui, l’image, le visuel est très importante pour nous, c’est une dimension qui est partie intégrante de notre démarche de création.

Y’a t’il une forme d’émotion, des sentiments, des thèmes qui vous touchent et que vous avez envie de transmettre à travers votre musique ?

Greg : Y’a un peu de ça dans notre musique c’est vrai, je crois qu’il y a beaucoup de chansons qui touchent au thème de l’amour sur notre dernier album, mais aussi à celui de la nature, qui nous inspire beaucoup. Je pense que tout tourne autour de l’amour ou au contraire de la perte amoureuse, ce genre de choses.

Tessa : On essaye de transmettre à ceux qui écoutent notre musique l’opportunité de pouvoir s’échapper de leur quotidien ou de leurs soucis grâce à elle. Il faut pouvoir s’immerger complètement dans la musique  juste en l’écoutant, et oublier le reste.

D’ailleurs en parlant de la nature, j’ai lu quelque part que votre nom était tiré d’un poème de Robert Frost, New Hampshire.  Robert Frost est justement connu pour sa poésie « rurale », simple et naturelle, vous sentez vous proche de ces thèmes également et pourquoi?

Greg: Oui je pense qu’en général le thème de la nature me touche beaucoup, et je me perds facilement au milieu de ses éléments comme les arbres ou le soleil et ca se sent évidemment dans nos clips et dans notre musique.  J’adore Robert Frost parce qu’il réussit à parler de choses simples comme par exemple marcher dans les bois, et quand tu vis en ville tu peux vite oublier tout ça, en étant constamment entouré par des voitures, des immeubles et des matériaux industriels. Je pense que c’est parce qu’on vit nous même en ville qu’on aime beaucoup écrire sur ce thème, sur la nature et tout ce que ça nous inspire.

Le festival Les Femmes S’en Mêlent est dédié aux femmes musiciennes, comme son nom l’indique. A ce titre avez vous une figure féminine qui vous inspire ou que vous respectez ?

Tessa : Ca fait peut être un peu cliché, mais j’adore Victoria Legrand des Beach House, c’est une musicienne formidable et j’adore la façon dont ils travaillent [avec Alex Scally ndlr]. Elle est vraiment cool, je l’adore dans sa façon d’être, son attitude aussi sur scène, elle est seulement elle même, elle n’en fais pas trop et pourtant elle est là et elle s’impose. En live ils sont géniaux.

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Questionnaire FYD

Qu’écoutez vous sous la douche?

Tessa : David Bowie, « Electric Blue« 

Greg : Oui en effet je t’entends la chanter parfois

 Qu’écoutez vous en conduisant ?

Greg : MGMT, j’adore la chanson « Congratulation »

Tessa : Neon Indian

Un son que vous aimez?

Greg : Le souffle du vent dans les arbres

Tessa : La pluie sur les fenêtres, lorsque tu n’es pas obligé de sortir dehors et qu’à l’intérieur il fait chaud.

Greg : Ah oui, ou alors le bruit de la pluie lorsque tu es sous une tente!

Un son que vous détestez? 

Tessa : Greg qui vérifie la caisse claire, qui fait ses balances, c’est un son que je déteste et pourtant je dois l’écouter tout les jours.

Un mot que vous aimez? 

Greg : Technique

Tessa : J’aime « Cristaline » (sa bouteille d’eau ndlr.) , ou alors cristal, c’est un super mot.

Un mot que vous détestez? 

Greg & Tessa : Verrue, c’est vraiment un mot affreux pour une chose encore plus horrible.

Quelle est votre drogue légale préférée? 

Greg : Le whisky

Tessa : L’Alka Seltzer (un effervescent) quand tu es malade ou quand tu as la gueule de bois c’est parfait.

Quel personnage public mettriez vous sur un billet de banque? 

Greg : Arnold Schwarzenegger
Tessa : Je pense à quelqu’un qui fait des actes de charité .. Mais pas Bill Gates parce qu’il est vraiment ennuyeux.
Greg : Ah non, j’ai changé d’avis, Woody Allen !

Quel remix/ reprise trouvez vous meilleure que l’original?

Greg : Je n’en sais rien, je pense n’en avoir jamais entendu..  Je n’ai jamais entendu un remis mieux que l’original. En plus j’y pensais récemment, parce qu’on a fait une reprise de Bruce Springsteen sur Fire, et beaucoup de gens l’on reprise, mais tu ne peux jamais accéder à l’original.

L’album de l’année 2011? 

Greg : Je ne sais pas, peut être les Twins Sistors.

 

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& le site de l’Epicerie Moderne ici

 

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