Gonjasufi

Gonjasufi – MU.ZZ.LE

Au milieu de ses dreads en bataille et de sa longue barbe, il y a ses yeux : la seule entrée pour apercevoir le mystère de Gonjasufi…. homme du désert, artiste planant, univers mystico-symbolique d’un son saturé à souhait. L’énergumène signé chez Warp Records revient avec un nouvel album, MU.ZZ.LE. On avait connu ce curieux personnage avec son premier album A Sufi And A Killer, faisant sensation par son originalité significative et sa non-identification musicale.

En quelques minutes – 25 précisément – Gonjasufi nous fait entrer au cœur de ce son saturé aux effets emphatiques qui ont fait de lui la nouvelle vedette du label. Point de surprise ni de plaisir inattendu. Gonjasufi ne nous surprendra pas comme à l’arrivée de son premier album. On s’attendait peut-être à un autre OVNI dans le genre, mais pas du tout. Regrettable, certes mais Gonjasufi s’affirme néanmoins un peu plus dans cette nouvelle identité musicale aux voix macérées et retravaillées, aux sons poussés à bout et cette mélancolie planante que l’on retrouve dès les premières notes de « White Picket Fence ». Le rythme y est lent, voire même lancinant. Les titres de l’album s’enchainent ainsi, les morceaux s’emboitent en reprenant le thème d’une fin au début d’un autre. (« Timeout » et « Skin »). L’ambiance générale y est lourde et obsédante, comme un cri que l’on voudrait pousser sans y arriver. C’est à juste titre l’image même de l’album : muzzle signifie muselière, comme celle portée sur la pochette. Un album qui semble alors comme sous muselière et dont le grognement râle en souterrain, fidèle à son maitre qui le dit lui-même: «Vous pouvez me mettre une muselière, couvrir ma bouche, me couper la langue mais la vérité sortira quand même.» Cette vérité qui s’échappe de temps à autres avec les cris d’enfants sur « Nikels & Dimes » ou les adjurations de types borborygmes dans « Venom ». L’album prend alors tout son sens : 25 minutes complexes d’un univers onirique pesant, qui souffre en grognant et qui sature en espérant.


MU.ZZ.LE n’aura pas de titres phares, pas d’éléments en eux-mêmes qui se détachent et brillent plus haut que les autres. On aurait peut-être espéré un ou deux morceaux lumineux auxquels se raccrocher. On est déçu, un peu, après les premières écoutes. Et pourtant, en s’y penchant consciencieusement, l’album entier est un bloc en lui-même. Une entité pleine, beaucoup plus travaillé et mature qu’il n’y paraît et dont la poétique se révèle enfin après une attention particulière.

+ Signé chez Warp records

+ Le site (psychédélique) officiel 

Gonjasufi – Nikels and Dimes

Vous aimerez peut-être : 

The Gaslamp Killer – My Troubled Mind (Ep) // Kode9 & the Spaceape – Black Sun // King Midas sound – Without You

2 Comments

  1. Paloma

    Très bonne chronique,

    Bonne continuation.

  2. un ep spledndide qui nos fait dire « putain vivement le nouvel album » !!

Leave a Comment