Il était une fois, Patti. Egérie du rock’n'roll des années 70′s, femme de lettres, poète, chanteuse, modèle des créateurs de mode, militante progressiste, figure du rock au féminin… la liste est non exhaustive. Patti Smith revient cette année avec une nouvelle compilation, Outside Society, prologue à sa nouvelle tournée automnale sur l’Hexagone pour cette francophile rimbaldienne.

L’histoire commence dans les rues de New York aux côtés de son premier grand amour, Robert Mapplethorpe, et dans les couloirs du Chelsea Hotel où rodent artistes en tous genres. Des débuts difficiles, des petits boulots à droite à gauche. Mais Patti ne perd jamais de vue son identité, sa nature profonde, ce pourquoi elle est faite : l’Art. Et celui-ci le lui rendra bien. Le 10 février 1971, Patti dévoile les fondations de ce qui deviendra une œuvre majeure et un tournant important pour l’avenir de la musique : à sa lecture de poèmes à la Saint Mark ‘s Church se joint la guitare électrique et farouche de Lenny Kaye. Musique et littérature réunies dans la maison de Jésus, allégorie salutaire de son art, formule sine qua non de son existence en perpétuelle évolution. Les dés sont lancés, Patti commence son ascension sur les chemins sinueux de sa renommée. Elle nous offre alors une œuvre éclectique, grandiose et déterminante. Dans un monde où le rock était avant tout masculin et, il faut le dire, presque machiste, elle a réussi à s’imposer, à se faire une place et à y rester. Encore. Toujours.
Patti Smith, c’est cette voix singulière, enrouée et mélodieuse, bestiale et ardente. Ce sont ces textes qui hurlent et ces mots qui pleurent. Ces balades poétiques qui apaisent et cette rage musicale qui bouillonne. « Jesus died for somebody’s sins but not mine » (« Jésus est mort pour les péchés de quelqu’un mais pas les miens », paroles de Gloria), mots emblématiques de son insolence audacieuse, de son entièreté et de sa pleine responsabilité. Avec pas moins d’une douzaine de livres publiés, Patti Smith révèle son goût pour l’écriture qui à ce titre fut ses premiers pas dans le domaine artistique. Le dernier en date, Just Kids, s’est vendu en France à près de 60 000 exemplaires.
Mais au-delà des mots, il y a le personnage ; sa chair, ses os. Patti n’est pas ce genre de personne qui passe sans que l’on ne remarque sa présence physique ou spirituelle. Son androgynéité est le témoin de son art : à la fois extrêmement féminin et terriblement masculin. Ceux qui ont eu la chance, ou qui auront la chance, de la voir en live ne diront pas le contraire. A 66 ans, Patti transpire encore cette sexualité émouvante, cette intelligence respectueuse et cette simplicité touchante. Une femme-enfant. Vraie. Entière. Elle danse avec la sensualité d’une jeune fille de 20 ans, vous regarde avec la maturité de son âge et crache avec la grossièreté d’un goujat. Si l’on connait par cœur ses plus grands titres, ils sont toujours bons à réécouter, surtout en live quand ils sont interprétés avec tant d’amour. Car Patti c’est aussi cette capacité à rallier toutes les générations, à les transcender pour vous donner quelque chose d’unique et d’universel ; vrai langage pattismithien. Et pour cause, le 14 novembre 2011 au Transbordeur de Lyon, Patti Smith faisait monter sur scène un jeune homme qui aurait pu être son fils. Agrippant la guitare de l’américaine, le jeune homme a joué sur la dernière chanson du live de Patti – mélange de « Gloria » et de « People Have The Power » - entouré des musiciens du Patti Smith Group. Une preuve d’humilité, de générosité et un amour de la jeunesse. « You are the future, don’t forget it » scandait-elle alors.
Il faudrait beaucoup plus de mots, de phrases, de détours historico-musicaux pour vous conter l’ensemble des aventures de Patti et en apercevoir sa grandeur. Voici simplement quelques bribes d’un ressenti, quelques idées d’une humble vision. Sachez cependant qu’elle est aussi l’Eve de jeunes artistes. Si l’on jette un rapide coup d’œil sur l’actualité musicale, nombreuses sont les héritières de ce rock érosif, féminin, sexy et tapageur : PJ Harvey, Alison Mosshart (The Kills, The Dead Weather) , Chrissie Hynde (The Pretenders) , Karen O (Yeah Yeah Yeahs) , Lovefoxxx (CSS) , Anna Calvi, les Vivian Girls ou les Dum Dum Girls, Kathleen Hanna (Le Tigre) …
Inspirée et source d’inspiration, Patti Smith n’en a donc pas fini avec l’art, avec elle-même, avec la Vie. Comme elle le dit si bien : « I don’t fuck much with the past but I fuck plenty with the future » (Je ne baise pas beaucoup avec le passé, mais je baise pleinement avec l’avenir). Prenez-en de la graine, niggers.









Arthur
des textes légendaires, un charisme fou, le portrait qui nous est si justement dépeins ci dessus ne fait que renforcer l’aura de cet artiste de talent!
Gary
Bravo Lisa, moi qui ne connais pas très bien (voire pas du tout) Patti Smith tu m’as donné envie de l’écouter !
NOEMIE
A beautiful soul, beautiful lyrics, a mesmerizing atmosphere whenever you listen to her texts. I really regret missing out on that ONE gig. Great article by the way, keep it up!
alain mohr
lisza il est 2h du mat … et j aime com tu dis les choses … de tout coeur avec toi lili ….
Louis
Salut! Je suis le jeune homme qui a joué sur la dernière chanson du live de Patti Smith à Lyon. Malheureusement, je n’ai aucune photo ou vidéo de ce moment. S’il vous plaît, si vous ou quelqu’un a une, vous pourriez vous me contacter? piscinasvacias@gmail.com. Merci beaucoup, Louis
Anita
Bien dit!bien fait!ça donne envie tout ça!
Lisa
Je n’ai malheureusement pas de photos de la soirée… Je me renseigne autour de moi si jamais. Mais très beau moment en tout cas
kiki Villemin
Excellent article ! Ca fait du bien de lire un article à la fois personnel et critique. Du vrai journalisme, quoi !
Paloma
Un bel article. Bonne continuation !
Juliette
Très belle article :O
Plongé un instant avec Patti Smith !
Merci
David
C’est très bien balancé…. On y est…..
Il faut le même ton pour ton autre activité….
FLO
Fans depuis le début de cette nana hors du commun, on est bien content que ce super article fasse des émules et donne envie de l’écouter. Bravo Lisa. Bernard et Flo.
Babeth
On regrette de ne pas en avoir été, excellent article!
Doom
Bel article pour une artiste écorchée vive à fleur de peau, pas grand chose à rajouter, si ce n’est ses liens avec Tom Verlaine et Richard Hell dans un New York à l’aube de l’immense vague punk (période 1973-1975)qui allait tout ravager sur son passage…Ne pas oublier « Television » et « Richard Hell and the Voidoids » les groupes des deux personnes citées ci-dessus mais aussi les Ramones qui ont peu-être préfigurer, voir certainement révéler une Patti Smith rebelle et frondeuse toujours en marge du mouvement punk mais toujours marchant dans sa contre-allée…
bob morlock
et les Ardennes lui disent merci.