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Interview : Alela Diane

Alela Diane était sur la scène du chapiteau de la Pépinière pour clôturer la 38ème édition du Nancy Jazz Pulsations. La très belle américaine originaire du Nevada s’était déjà rendue dans nos contrées il y a trois ans mais c’était un format bien plus intimiste. C’est avec tout un groupe qu’elle est venue défendre son troisième album : Alela Diane & Wild Divine. Son père, Tom Mening, et son mari, Tom Bevitori ont tous deux participé à l’écriture de l’album. Nous les avons rencontré tous les trois pour une interview très familiale.

Funk You Dear: Bonjour Alela, tu as grandi dans un foyer de musiciens et il semble que tu aies appris à chanter tout comme tu as appris à marcher, manger, parler, etc… Sur le titre Oh My Mama, tu chantes que ta mère t’a appris à chanter tout comme tu apprendras à ta fille à chanter. Est-ce quelque chose de culturel pour vous de faire de la musique en famille?

Alela Diane : Je ne sais pas. Ça c’est simplement passé comme ça. Mes deux parents étants musiciens, j’ai commencé écrire des chansons, mon père avait construit un studio d’enregistrement, donc ça s’est fait tout naturellement.

Father Tom : Je ne sais pas si c’est tant culturel. Il y a bien sûr des musiques traditionelles, comme la Bluegrass Music et il fut un temps où les familles qui vivaient dans la montagne pratiquaient cette tradition. Mais pour ce qui est de notre génération, ça nous semble aussi étrange que ça peut l’être pour vous en Europe.

Alela Diane :  Désolée de briser ton fantasme, mais on ne vit pas dans une cabane (rires). Mais il est vrai que lorsque j’étais petite, je me souviens que mes parents organisaient des fêtes et tous les adultes se rassemblaient et jouaient de la musique ensemble. Il faut dire qu’il y a énormément de musiciens à Nevada City.

Father Tom : Oui, nous avons souvent jouer avec les parents de Husband Tom par exemple. Et en fait, mes amis sont tous musiciens sans exceptions (rires).

FYD :  En écoutant votre musique, sans dire qu’elle n’est pas du tout actuelle, on sent qu’elle est vraiment ancrée dans la vieille folk et la Roots Music. Aurais-tu aimé naître un siècle plus tôt?

Alela Diane : Il m’arrive de le souhaiter, ou plutôt il m’arrive de me dire que la vie serait plus simple sans toutes ces nouvelles technologies.

Father Tom :  On s’en sortait très bien sans tous ces portables, internet, etc…

Alela Diane : Oui! Les gens vivaient leur vie. Donc en un sens je suis fascinée par cette idée et je pense que la vie serait plus simple, mais en même temps, je suis reconnaissante de vivre là maintenant. Et de toutes manières on ne peut pas remonter le temps donc…

FYD : La nature et la famille sont des thèmes qui reviennent très souvent dans tes chansons. Ces valeurs sont peut être moins fortes aujourd’hui où l’on vit beaucoup en ville et où la famille n’est plus si importante.

Alela Diane : Il n’est pas nécessaire de remonter le temps pour ça. J’ai grandi dans une toute petite ville, entourée d’une très belle nature. Et dans mes chansons, j’utilise la nature pour imager d’autres choses. Aujourd’hui, nous vivons à Portland, c’est une très belle ville et la nature n’est pas loin, que ce soit la forêt ou l’océan.

FYD : Et pour ce qui est de la musique? Tu écoutes plutôt de vieux albums? Que penses-tu de la musique d’aujourd’hui?

Alela Diane : J’écoute beaucoup de vieux albums, mais aussi des choses récentes. Il y a une poignée d’artistes aujourd’hui que je trouve super.

FYD : Vous avez fait une tournée avec Fleet Foxes, vous aimez leur album?

Alela Diane : Leur album est superbe, et celui d’avant aussi d’ailleurs. Et je pense que leurs performances live sont vraiment excellentes. On a d’autres concerts prévus avec eux et on s’en réjouis.

FYD : Quels autres albums vous ont marqué cette année?

Alela Diane :  Celui de Kurt Vile est un des meilleurs albums de l’année pour moi.

Husband Tom : Moi je dirais Beach House, mais j’ai peur que ça soit sorti en 2010.

Father Tom :  Le nouvel album de Blitzen Trapper est très bon.

FYD : Sur votre dernier album, Alela Diane & Wild Divine, on sent une belle évolution. Plus de confiance, de force, les arrangements sont plus riches, il y a tout un groupe derrière toi. C’en est terminé des chansons intimistes et fragiles?

Alela Diane : Sur Pirate’s Gospel, je m’étais vraiment juste concentrée sur la voix et la guitare. C’était un album très clairsemé et épuré. C’est comme ça que j’ai commencé a écrire des chansons au tout début, c’était donc naturel de le faire comme ça. Mais ça fait 7 ans et j’ai grandi et évolué. Je pense qu’il est important de sans cesses explorer, d’essayer de nouvelles choses. Entre temps on a fait To Be Still, sur lequel il y a bien plus de sons, il y a une batterie. J’ai donc continué d’essayer des choses. J’ai voulu m’entourer d’un groupe, et Alela Diane & The Wild Divine, en est le résultat. L’album a vraiment été approché dans l’idée d’avoir un groupe. C’était ce que j’avais envie de faire. Et je ne sais pas ce que sera la suite. Je pourrais revenir vers une écriture intime et épurée. J’essaye de faire quelque chose de différent sur chaque album, j’essaye de me pousser à aller vers de nouvelles directions.

FYD : Vous avez tous les trois travaillé sur l’écriture de Alela Diane & Wild Divine?

Alela Diane : En fait, j’ai écris les textes et les mélodies de la plupart des titres. Husband Tom a travaillé sur la progression des accords, Father Tom aussi, ainsi que sur les arrangements.

Father Tom : Ton Mari a écrit quelques paroles.

Alela Diane : Oui, j’ai dit « la plupart », Tom a écrit 5 mots.

Father Tom : Mais ce sont 5 excellents mots! (rires)

Alela Diane : Tom a écrit : « I’m on the wind, and I can’t go back ». C’est le refrain du titre The Wind.

Husband Tom : On a écrit d’autres textes ensemble.

Alela Diane : Ah oui?

Husband Tom : Notamment  Desire, Long Way Down

Father Tom : Cet homme est un génie.

Husband Tom : Je veux juste mettre les choses au clair. (rires)

Alela Diane : Ok, tu as écris des chansons.

+ site officiel (où on t’offrira un mp3 contre ton adresse mail)

+ Alela Diane & Wild Divine sur Spotify

1 Comment

  1. Good, très sympa. Je veux la même famille dans ma prochaine vie!

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