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Son Lux – We Are Rising

Se nommer Son Lux pourrait sembler prétentieux. Mais à l’écoute des premières notes de l’album We Are Rising on comprend que Ryan Lott porte à merveille son nom d’artiste.

La musique de Son Lux n’est pas de celle qui s’écoute avec les hauts-parleurs intégrés de ton iPhone, ça vaudrait même le coup de te rendre dans une grande surface, celles où tu peux tester des casques, choisir celui qui coute 500€ et te poser là pendant 35 minutes.

New-Yorkais, Ryan Lott est un musicien de formation classique. Et on retrouve toujours dans ses productions et remix des sons symphoniques, violons, trompettes, flûtes etc… Pas vraiment un songwriter, il s’amuse plutôt à travailler des textures de sons. Samplant des instruments ou des voix, il va les modifier puis les décaler, faire jouer deux paternes rythmiques différentes en même temps. Le résultat est puissant et surprenant. Il s’est fait connaître avec quelques remix, de Radiohead à WHY? en passant par Beirut. La plupart sont téléchargeables ici.

Son Lux est aussi connu pour avoir signé la musique du ballet Tragic/Love (2009) chorégraphié par Stephen Petronio pour le Ballet de Lorraine en revisitant Roméo et Juliette de Prokofiev ainsi que ses propres compositions.

Alors qu’il lui a fallut 4 ans pour écrire et enregistrer At War With Walls And Mazes (2008) Son Lux a relevé cette année le RPM Challenge: boucler un album en un mois, et pour ne pas que ce soit trop facile, le mois de février. Il ne s’en estimait pas capable, jusqu’au 26 ème jour il n’y croyait pas, mais il y est arrivé. Ses amis lui sont venus en aide en enregistrant dans d’autres studios des commandes et des propositions. On retrouve notamment Sarah Worden (My Brighest Diamond) déjà présente sur At War With Walls And Mazes. Elle chante sur le titre Leave The Riches. Sur ce même titre on peut entendre Peter Silberman (The Antlers) ainsi que sur Rising et Let Go. DM Stith est aussi de la partie.

Durant tout le mois, Ryan Lott s’est filmé ainsi que certains des collaborateurs depuis leur studio ou leur chambre d’hôtel.

Comme je vous le disais, Son Lux n’est pas un song writer. Ses textes et ses mélodies sont souvent simples. Mais les arrangements sont d’une richesse imparable. On le compare parfois à Sufjan Stevens, The Notwist ou à Beirut. N’aimant pas trop sa voix, il ne s’en servait que très peu, et préférait inviter des chanteurs ou sampler des voix. Mais il a fini par se décomplexer, et sa voix fragile, sur le fil, contraste avec ses puissants arrangements.

Il y a quelque chose de majestueux dans cet album. Le chant est parfois presque religieux et il réside un équilibre entre les sons électroniques et instrumentaux. Une des grandes spécialités de Son Lux est la polyrythmie. Il superpose différents rythmes ce qui laisse dans un premier temps un sentiment étrange, dysharmonieux, mais qui devient assez vite jouissif et addictif. Let Go en est un très bon exemple.

Rising, peut être le tube de l’album, bénéficie du même traitement. Il s’agirait presque de mathématiques, trouver plus petit dénominateur commun à deux paternes rythmiques pour en créer une troisième.

En live, Son Lux ne reproduit jamais ses albums. Il utilise les matériaux comme base et s’en sert comme des samples accompagné de musiciens d’exceptions flirtant avec la musique contemporaine.

Si l’album fut réalisé en 28 jours, l’artwork, lui a demandé 28 heures, 28 fumigènes et c’est The Made Shop qui s’en est chargé.

Pas étonnant qu’il se retrouve signé chez Anticon

tumblr de Son Lux ici

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